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par Tristan de Dessindigo

Peindre en transparence à l’aquarelle

L'aquarelle est une technique de peinture à l'eau qui joue sur la transparence et la superposition des couleurs. Elle demande un peu de patience, mais c'est justement ce qui fait son charme : chaque couche vient se poser délicatement sur la précédente pour créer de la profondeur et des nuances subtiles.


Différentes applications avec l’aquarelle

En effet, si la feuille est déjà mouillée, les contours seront très flous, l'aquarelle se diffusera très rapidement. Au contraire, si la feuille est sèche, les bords seront très précis, comme ici : 


Quel matériel utiliser ?

Pour faire ce type d’exercices à l’aquarelle comme la transparence, il nous faut : 

- Une boite d’aquarelle. Il en existe sous plusieurs formes, en godets ou en tube

- Plusieurs pinceaux d’aquarelle : on utilise des pinceaux souples, aux poils synthétiques ou naturels

- Les pinceaux à lavis ont une virole transparente en plastique ou en plume, serrée par des fils métalliques. Les poils seront soit synthétiques soit en poils de petit gris

- Les pinceaux ronds pointus (virole métallique ronde, poils pointus) ont des poils soit synthétiques, soit en poils de martre

- De l’eau et plusieurs petits récipients. On utilisera plusieurs niveaux de dilution de la couleur, pour obtenir des densités de couleur différentes dans l’image

- Un chiffon 

 - 2 feuilles de papier aquarelle coton. Il existe deux types de papier aquarelle : coton et cellulose*. Pour l’exercice des superpositions, privilégier le papier coton qui absorbe mieux l’aquarelle et permet de travailler plusieurs couches les unes sur les autres. Le papier cellulos, en revanche, est conçu pour pouvoir retravailler les couches précédentes, au contraire, ce qui favorise le mélange des couches entre elles, ce qui peut être très pratique pour un dessin très détaillé par exemple, ou pour changer la couleur de certains éléments pendant la réalisation du dessin sans pression de faire des erreurs irrécupérables.


Peindre la transparence sur une feuille d’essai


S’entraîner à faire des aplats réguliers et des dégradés

Préparer trois volumes d’eau dans trois parties différentes de la palette : diluer la couleur dans trois petits volumes d’eau : un très dilué, un dilué et un pas très dilué.

Avec le pinceau, faire 3 essais d’aplats* sur le papier, de 5x5 cm environ puis un grand de 20x10 cm (la dilution intermédiaire).


Peindre une fleur à l'aquarelle

Plusieurs pétales superposés : faire deux pétales en aplats sur la même feuille de test, comme sur l’image. 

Laisser bien sécher. Quand la feuille est sèche au toucher, laissez reposer encore une à deux minutes, pour que la couleur soit sèche même au cœur du papier. Superposez trois autres aplats sur ceux effectués précédemment. 

Ajouter la tige et la feuille. 


Peindre la transparence sur une feuille définitive

On va désormais peindre un paysage à l’aquarelle. Utilisez un pinceau plus épais pour pouvoir faire une surface de lavis plus grande. 

Préparer 6 solutions bleues de concentrations différentes, avec le même bleu, de la plus légère à la plus concentrée. Pour la dernière, on peut également rajouter un peu de noir pour faire un effet de concentration plus élevée, et donc pour obtenir une couleur plus foncée. 

Attention, pour ce type d’exercice, trois choses importantes: 

- On peut s’aider d’un trait préparatoire au crayon de couleur bleu, mais on ne pourra pas le gommer après le passage de l’aquarelle donc il faut qu’il soit très délicat et subtil. 

- S’il y a des irrégularités dans les aplats, ne pas repasser avec le pinceau plusieurs fois. On attend que ça sèche complètement pour éventuellement refaire une couche dessus. En voulant rattrapper une couche à moitié sèche, on arrive à des taches qui sont encore plus visibles que les imperfections qu’on essaie de corriger. 

- Quand je lâche le pinceau, c’est là que la couleur va rester. On peut s’en servir pour diriger la couleur. 


Faire un lavis à l’aquarelle

Faire un premier lavis d’environ 15x20 cm avec la solution de la concentration la plus diluée. Laisser sécher.

Faire trois couches successives de montagnes, de la plus diluée à la moins diluée pour obtenir un effet de profondeur dans le paysage. Pour les couches plus diluées, donc pour les montagnes les plus lointaines, on utilisera moins de détails sur la crête des montagnes, et plus on s’avance dans la perspective, plus on pourra mettre de détails dans les roches.


Peindre un personnage à l’aquarelle

Pour la cinquième couche, on pourra ajouter des personnages en contre-jour pour donner un effet d’ombre chinoise, ou bien un seul personnage, ou bien seulement un chien. Je recommande de s’exercer au préalable pour faire les personnages ou bien de tracer le contour au crayon de couleur avant. Commencer par le personnages et ensuite faire l'aplat de la surface en-dessous, pour raccorder les pieds des personnages à la montagne.

Comme dernière couche, on peut utiliser un aplat très concentré en pigments, ou bien rajouter un peu de noir comme je le disais en introduction. Attention à ne pas utiliser cependant une couleur trop concentrée en pigments, au risque qu’il y ait les traces des coups de pinceau dans l’aplat au lieu qu’il soit vraiment de surface. Faire un essai sur la feuille d’essai au préalable. 

Voilà c’est terminé ! J’espère que cet exercice vous aura plu, n’hésitez pas à refaire cet exercice soit en plus grand, soit avec une dilution de couleurs différentes, par exemple pour aller du bleu au marron. Le principal est d’expérimenter pour voir là où l’on s’amuse le plus avec les dilutions et les couleurs.