Comment bien choisir son carnet de croquis ?
Bonjour à toutes et à tous, aujourd’hui, on va parler d’un compagnon indispensable à tout artiste : le carnet de croquis. Celui qu’on emporte partout, qu’on remplit de dessins rapides, d’idées, d’essais, parfois de ratés, mais surtout de progrès. Voyons ensemble comment bien le choisir, selon vos besoins, vos techniques et vos projets.
Comprendre à quoi sert votre carnet
Avant même de choisir un modèle, prenez un instant pour réfléchir à l’usage que vous voulez en faire. Ce simple point change tout.
Souhaitez-vous un carnet pour dessiner tous les jours, sans pression ? Un carnet d’études anatomiques pour progresser ? Un carnet d’aquarelle pour explorer la couleur ? Ou encore un carnet de voyage pour immortaliser vos aventures ?
Chaque usage à ses besoins spécifiques, et choisir un carnet adapté rendra votre pratique plus agréable.
Pour les croquis rapides, un papier fin et un petit format suffisent. Il doit se glisser facilement dans un sac, se sortir en quelques secondes, et inviter à dessiner sans crainte de “gâcher” une page. Pour les études plus poussées, comme les recherches de personnages, les études de perspective ou d’architecture, préférez un format plus grand et un papier plus stable, capable de supporter les effacements et les superpositions.
Pour l’aquarelle ou la gouache, optez pour un papier épais, texturé, et surtout conçu pour les techniques humides. Cela évitera les déformations du papier et préservera la vivacité des couleurs.
Et si vous hésitez encore, misez sur un papier mixte (mixed media). C’est un excellent compromis pour celles et ceux qui aiment varier les techniques sans se limiter. Beaucoup d’artistes gardent deux carnets : un “carnet de tous les jours” pour la spontanéité, et un carnet “plus propre” pour les travaux qu’ils souhaitent conserver ou partager.

Le choix du papier
Le papier est le premier critère à regarder. Il détermine non seulement le rendu du dessin, mais aussi le plaisir de dessiner.
Le grammage
Le grammage détermine l’épaisseur et la résistance du papier, c’est le critère principal à regarder. Un papier trop fin gondolera avec l’eau, tandis qu’un papier trop épais peut être rigide à manipuler. Trouver le bon équilibre dépend donc de votre manière de dessiner.
En dessous de 120 g/m², le papier est parfait pour le crayon, le stylo ou le feutre fin.
Entre 150 et 200 g/m², il offre un bon compromis pour les techniques sèches avec quelques touches d’aquarelle légère.
Au-delà de 200 g/m², il est idéal pour les médiums humides : aquarelle, encre, gouache…
La texture
Un grain fin ou satiné offre une surface lisse, parfaite pour les traits précis ou les dessins d’observation.
Un grain moyen est polyvalent, agréable au crayon et au lavis.
Un grain torchon (très texturé) met en valeur les effets d’eau et les coups de pinceau.
La couleur
Le blanc pur rend les contrastes nets, mais un papier légèrement ivoire ou crème donne une atmosphère plus douce et plus naturelle. Certains carnets proposent aussi des papiers colorés, parfaits pour travailler avec des crayons blancs ou de la gouache opaque.

Généralement toutes ces informations sont facilement reconnaissables au toucher dès qu’on prend un peu l’habitude, mais si vous avez un doute, surtout au niveau du grammage, il est toujours indiqué sur le carnet.

Le format
Le format influence non seulement votre confort, mais aussi votre style de dessin.
C’est un peu comme la taille d’une toile : elle conditionne votre geste.
Petit format (A6, A5) : compact, pratique, idéal pour dessiner dehors ou dans les transports. Parfait pour les croquis rapides et les idées spontanées.
Format moyen (A4) : le plus polyvalent. Il laisse assez d’espace pour travailler vos compositions tout en restant transportable.
Grand format (A3 ou plus) : idéal pour les grandes études, les dessins d’observation en atelier, ou les compositions détaillées.
Le choix de l’orientation du format dépend surtout de ce que vous voulez raconter dans votre dessin. Le format paysage met en valeur la largeur d’une scène, parfait pour les horizons, les compositions ouvertes ou les paysages tranquilles. Le format portrait, plus vertical, attire naturellement le regard vers le haut et fonctionne très bien pour les architectures, les arbres ou les personnages.
Quant au format carré, il apporte une impression d’équilibre et de calme, idéal pour des compositions centrées ou plus graphiques. Il n’y a pas de règle stricte : testez différentes orientations, et vous verrez que parfois, un simple changement de format peut transformer totalement l’énergie de votre dessin.

Reliure et couverture
Deux détails qui peuvent sembler secondaires… mais qui font toute la différence à l’usage.
La reliure
Les reliures spirales permettent d’ouvrir le carnet totalement à plat. C’est idéal pour les croquis rapides et les droitiers comme les gauchers. En revanche, elles fragilisent un peu les pages et les rendent plus sensibles à la déchirure.
Les reliures cousues sont plus robustes et offrent un bel aspect “livre d’artiste”. Elles permettent aussi d’étaler vos dessins sur une double page continue, parfait pour les panoramas ou les scènes d’ensemble.

La couverture
Le carnet, c’est un objet que l’on manipule tout le temps. Sa couverture doit être à la fois solide et agréable au toucher.
Une couverture rigide protège vos dessins et sert de support si vous dessinez en extérieur.
Une souple sera plus légère et flexible, idéale pour les carnets que vous transportez partout.
Les couvertures en tissu, cuir ou kraft épais apportent un aspect esthétique et vieilliront joliment au fil du temps.

Pour conclure, le carnet parfait n’existe pas, mais celui qui vous ressemble, oui. C’est celui dans lequel vous n’aurez pas peur de rater, celui qui vous donnera envie d’y revenir. Testez, explorez, mélangez les formats et les papiers. Vous finirez par trouver celui qui accompagnera vos idées au quotidien.
Rédactrice : Chloé Pouteau
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