Dessiner un paysage à la sanguine
La sanguine est un matériau qui offre une nouvelle approche du dessin. Elle nous plonge dans une gamme de valeurs et de contrastes différente de celle du graphite, tout en partageant avec lui de nombreuses similitudes. C’est un médium proche, mais qui produit des résultats tout aussi riches et singuliers.
Bonjour à nouveau et bienvenue dans cet article. Nous allons explorer ce matériau, largement utilisé dans l’enseignement du dessin académique et dans d’autres domaines créatifs, pour réaliser cette fois-ci un paysage.
Le matériel à utiliser
La sanguine est très proche du graphite, tant par sa texture que par sa composition. Il s’agit plus précisément d’une craie ou d’un crayon à la teinte ocre ou cuivrée, obtenu à partir d’oxyde de fer.
Elle est souvent utilisée dans l’enseignement académique pour réaliser des croquis ou des études d’anatomie. On en retrouve d’ailleurs de nombreux exemples dans les carnets de Léonard de Vinci et d’autres grands maîtres.

Les éléments d’un paysage de base
Avant de commencer à dessiner, je vous recommande de chercher quelques références afin de choisir votre paysage. Voici une sélection d’idées pour vous guider dans cette démarche :
Pour construire un paysage, il est important d’utiliser plusieurs plans de profondeur. Cela permet de distinguer les éléments proches de ceux qui sont éloignés, en variant leur taille et leur niveau de détail.
Il est également judicieux de choisir un élément principal, comme un arbre ou une construction rurale, qui servira de point focal à votre composition.
Enfin, pensez à intégrer des éléments complémentaires : différents types d’herbes, d’arbustes ou de fleurs, mais aussi des rochers, des sentiers ou des collines.

Dessiner un paysage à la sanguine étape par étape
Notre élément principal sera un arbre placé légèrement sur un côté, avec la ligne d’horizon sous son feuillage. À l’arrière-plan, un bois décorera la scène, ainsi que des montagnes vaguement esquissées. Au premier plan, nous placerons quelques rochers et un sentier.

Commençons par l’élément principal avec l’arbre. Utilisez le crayon pour tracer le tronc et les branches avec des lignes appuyées, en laissant quelques espaces blancs pour créer une texture de bois. Nous faisons cela afin d’obtenir le contraste dont notre dessin aura besoin par la suite.

Dessinez maintenant le feuillage de l’arbre. Pour cela, utilisez des traits circulaires qui se superposent dans les zones les plus sombres et créent des dégradés dynamiques, se rapprochant ainsi de l’effet naturel des feuilles.

Dessinez ensuite le bois à l’horizon avec la teinte la plus foncée, en créant des silhouettes lointaines qui séparent le ciel et la terre. Pour le sol, appliquez une couche plus ou moins homogène d’un ton intermédiaire. Vous pouvez vous aider d’une estompe ou de vos propres doigts pour étaler et fondre le pigment.

Utilisez ensuite le crayon pour donner du volume à certains reliefs, afin de créer de petites collines qui remplissent le sol de manière irrégulière. Essayez de varier les formes, les tailles et les emplacements.

Pour l’étape suivante, réalisez des dégradés doux pour donner du volume aux rochers. Cette fois-ci, créez des contrastes beaucoup plus marqués et nets, en obtenant des ombres presque totalement sombres et des lumières presque ou totalement blanches.

Pour terminer cette première partie, utilisez votre crayon bien taillé pour dessiner de petites brins d’herbe sur toute la plaine, en effectuant des mouvements rapides du poignet. Vous obtiendrez ainsi cette forme caractéristique.

Ajouter le ciel
Pour la base du ciel, créez un dégradé du haut vers le bas. Les tons les plus foncés se situeront dans la partie supérieure, laissant une sorte de pénombre dans la zone inférieure, jusqu’à atteindre la zone la plus claire presque au contact des montagnes, qui seront à peine recouvertes d’une fine couche de couleur.
Remarque : pour préserver la lumière des nuages et du soleil, évitez d’appliquer du pigment dans ces zones afin d’obtenir des tons presque blancs sans effort supplémentaire.

Pour les nuages, nous utiliserons autant le pigment que la gomme. Utilisez la gomme pour définir la forme des nuages, tout en appliquant des traits doux de sanguine pour assombrir et donner du volume. À la fin, il suffira d’estomper soigneusement.

Utilisez la gomme pour créer la lumière du soleil. Retirez les résidus de pigment à l’intérieur du disque solaire afin de définir un cercle entouré d’un halo délicatement dégradé. Si vous le souhaitez, vous pouvez ajouter quelques rayons dans toutes les directions pour plus de dramatisme.

Pour terminer, utilisez du blanc pour ajouter et accentuer les zones lumineuses. Cela augmentera considérablement la sensation de contraste. Illuminez le soleil comme élément principal et ajoutez des reflets sur les surfaces directement exposées, comme la partie supérieure de l’arbre ou les rochers.

J’espère que ce tutoriel vous aura permis de mieux comprendre la construction d’un paysage à la sanguine, la manière de maîtriser ce matériau pour varier les textures et les effets, ainsi que l’utilisation d’outils comme la gomme et l’estompe pour révéler toute la richesse expressive de la sanguine.
Rédacteur : Bryam
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